À Toulouse, PrintOclock prépare son changement d’échelle et vise plus de 40 M€ de chiffre d’affaires en 2030

Pour ses 18 ans, PrintOclock ne se contente pas de changer d’adresse. L’entreprise toulousaine, qui devrait dépasser les 23 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026, inaugure un nouveau siège de 7 000 m² et prépare une nouvelle phase de son développement. Croissance externe, automatisation, intelligence artificielle, diversification et investissements industriels doivent permettre au groupe fondé par Antoine Roux de franchir le cap des 40 millions d’euros de revenus organiques à l’horizon 2030.

Antoine Roux, président et fondateur de PrintOclock et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. (Photo Dorian Alinaghi)

Antoine Roux, président et fondateur de PrintOclock et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. (Photo Dorian Alinaghi)

Dix-huit ans après sa création à Toulouse, PrintOclock entre dans une nouvelle phase de son histoire. L’entreprise spécialisée dans l’impression pour les professionnels vient de prendre possession d’un nouveau siège de 7 000 m² au Centre de Gros Larrieu, à quelques centaines de mètres de son atelier historique.

Mais derrière l’inauguration immobilière se joue surtout un changement de dimension. Après avoir quasiment doublé son activité depuis 2019, PrintOclock ambitionne désormais de se transformer en entreprise de taille intermédiaire et d’élargir progressivement son terrain de jeu au-delà de l’impression en ligne.

« À 18 ans, nous sommes devenus un acteur “majeur” sur notre secteur, qui dépasse désormais le seul métier d’imprimeur en ligne », résume Antoine Roux, président et fondateur de l’entreprise. Pour le dirigeant, le nouveau siège constitue avant tout « un jalon stratégique pour écrire le futur du groupe ». 

De 12,5 à plus de 23 millions d’euros en sept ans

La trajectoire est d’autant plus notable que PrintOclock évolue sur un marché français structurellement en recul. Selon les données reprises par l’entreprise à partir d’une étude de l’Insee, la production d’imprimés commerciaux en France s’est contractée de plus de 38 % entre 2010 et 2023, avec un chiffre d’affaires sectoriel passé d’environ 5 à 3 milliards d’euros. 

PrintOclock suit une courbe inverse. Son chiffre d’affaires, qui atteignait 12,5 millions d’euros en 2019, devrait dépasser les 23 millions d’euros en 2026, en progression de 15 % sur un an.

La prochaine marche est déjà fixée. À l’horizon 2030, l’entreprise souhaite dépasser les 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en croissance organique, hors activité de MainGauche. Un nouveau doublement en cinq ans qui devra constituer le socle du passage vers une ETI spécialisée dans l’impression et le merchandising BtoB. 

Lors de la conférence de presse, Antoine Roux est même allé plus loin : en intégrant à terme la croissance externe, le groupe pourrait viser plus de 50 millions d’euros d’activité en 2030. L'entrepreneur insiste cependant sur la différence entre les deux trajectoires : le cap des 40 millions doit pouvoir être atteint par PrintOclock elle-même, sans dépendre de nouvelles acquisitions. 

7 000 m² pour ne plus freiner la croissance

Le nouveau siège doit fournir les mètres carrés nécessaires à cette ambition. À ses 7 000 m² s’ajoutent les 1 700 m² de l’atelier historique, maintenu à proximité et consacré à l’impression papier. En intégrant également le site montpelliérain de MainGauche, la surface immobilière du groupe a ainsi plus que quadruplé. 

Le bâtiment accueille désormais les fonctions centrales du groupe, les équipes informatiques, de recherche et développement et d’intelligence artificielle, mais aussi un centre automatisé de traitement des flux ainsi que le service après-vente centralisé. L’entreprise a également conservé 4 000 m² disponibles pour installer à terme une nouvelle activité. 

Cette réserve traduit les limites que PrintOclock rencontrait jusqu’ici dans son implantation historique. « Nous n’avions tout simplement plus les moyens immobiliers adaptés », explique Antoine Roux, qui cite aussi bien l’arrivée de nouvelles machines que l’optimisation logistique ou les futurs recrutements.

Le changement d’échelle est déjà engagé sur le terrain industriel. PrintOclock a consacré 2 millions d’euros à de nouveaux équipements au cours des dix derniers mois. Cet investissement a notamment permis d’accroître les capacités de production et de développer de nouvelles activités. 

Automatisation et robotisation dès 2027

Et le cycle d’investissement est loin d’être terminé. À partir de 2027, les trois sites doivent accueillir de nouveaux équipements. Le groupe prévoit notamment de moderniser ses capacités en sérigraphie, d’intégrer un nouveau module de brochage et d’investir dans la sublimation et l’impression UV.

Certaines lignes du nouveau site toulousain doivent parallèlement être automatisées et robotisées. Cette stratégie répond à une conviction défendue par Antoine Roux pendant la conférence : l’industrie française peut retrouver des marges de compétitivité en combinant automatisation, technologies numériques et savoir-faire humains.

Pour le dirigeant, robotisation et réindustrialisation ne sont d’ailleurs pas contradictoires. Elles peuvent au contraire contribuer à recréer localement certaines activités jusqu’ici fragilisées par des écarts de coûts de production avec d’autres pays. 

L’entreprise bénéficie également du soutien de la Région Occitanie et de fonds européens. Le FEDER a financé à hauteur de 10 % l’investissement productif de 2 millions d’euros consacré aux nouvelles machines. 

L'intelligence artificielle au cœur du prochain cycle

La transformation ne se jouera cependant pas uniquement dans les ateliers. PrintOclock veut consacrer des investissements importants à l’intégration de l’intelligence artificielle dans ses processus internes et commerciaux, depuis la gestion du catalogue jusqu’au marketing et à la création graphique. L’un des projets les plus structurants porte sur le développement d’un éditeur de personnalisation conçu en interne et baptisé Datahub IA. 

L’entreprise utilise déjà ces technologies pour analyser les données issues de son activité, qui représente plus de 300 000 commandes par an, mais aussi pour accélérer la conception, le développement informatique et la coordination de certains projets. Antoine Roux assure ainsi que l’utilisation de l’IA a permis de multiplier par trois à quatre la vitesse de certains développements informatiques. 

« Ne ratons pas le train de l’IA », a insisté le dirigeant devant les journalistes. Pour lui, cette rupture technologique pourrait rebattre les cartes économiques dans des proportions comparables à celles provoquées par le développement d’Internet. 

MainGauche, première opération de croissance externe

Cette accélération repose également sur la diversification. Depuis avril 2026, PrintOclock a intégré l'entreprise MainGauche, implantée à Saint-Jean-de-Védas près de Montpellier. Spécialisée dans le marquage textile, la société apporte au groupe des compétences complémentaires en broderie, sérigraphie et transfert DTF.

Avec cette acquisition, PrintOclock ne souhaite plus être identifié uniquement au Web to Print. L'entreprise veut progressivement constituer une offre capable de répondre à une plus grande partie des besoins de communication des marques : supports imprimés, textiles personnalisés, merchandising et objets publicitaires. 

Le site de Saint-Jean-de-Védas est notamment positionné sur les productions à plus forte valeur ajoutée et les marquages complexes, tandis que l’atelier historique toulousain reste consacré à l’impression papier. Le nouveau siège accueille pour sa part les fonctions centrales, technologiques et certaines nouvelles capacités industrielles. Les trois sites réunissent aujourd’hui 160 salariés. 

D’autres acquisitions sont envisagées, mais pas à n’importe quel rythme. Antoine Roux refuse de « brûler les étapes » et veut d’abord réussir l’intégration de MainGauche, notamment en harmonisant les systèmes d’information et les méthodes de fonctionnement.

Les futurs dossiers pourraient permettre d’ajouter de nouveaux métiers au catalogue. Le dirigeant cite notamment le marché de l’étiquette et celui de l’objet publicitaire, mais laisse volontairement ouverte la nature des prochaines opérations. 

Philippe Nogues pour accompagner la structuration du groupe

Cette transformation s’accompagne d'un renforcement de l'équipe dirigeante.

Arrivé durant l'été, Philippe Nogues prend la direction générale de MainGauche et de l’unité de production toulousaine. Son parcours s’est construit dans les secteurs de l’impression et du textile BtoB. Il occupait précédemment les fonctions de directeur des ventes internationales de Solo Group, spécialiste européen du textile personnalisable.

Il doit notamment accompagner la structuration des activités industrielles et le développement du nouveau pôle consacré à l’objet publicitaire. PrintOclock poursuit parallèlement ses recrutements. Lors de la conférence de presse, Antoine Roux faisait état d'une dizaine de postes ouverts ou à pourvoir, dans les fonctions immobilières et moyens généraux, le développement informatique, la relation client, la comptabilité ou encore la production industrielle. 

À Toulouse, l’entreprise historique compte actuellement 90 salariés, dont 55 % de femmes, pour une moyenne d’âge de 34 ans. À l’échelle de l’ensemble constitué avec MainGauche, les effectifs atteignent désormais 160 personnes. 

Priorité à la France avant une accélération internationale

Malgré un nom pensé dès l’origine pour pouvoir voyager au-delà des frontières françaises et une présence commerciale déjà amorcée en Espagne, PrintOclock ne fait pas de l’international sa priorité immédiate. Antoine Roux estime que le groupe dispose encore d’importantes marges de croissance sur son marché domestique. Dans un secteur très fragmenté, développer de nouvelles familles de produits auprès d’une clientèle existante coûte également moins cher que de construire une marque de zéro dans un nouveau pays.

« Il faut être leader sur son marché avant d’aller attaquer un autre marché », résume-t-il. 

Cette prudence internationale contraste avec l’ambition affichée en France. En dix-huit ans, PrintOclock est passé du statut de pionnier toulousain de l’impression en ligne à celui de groupe industriel implanté dans les deux principales métropoles occitanes.

Le nouveau siège de Larrieu constitue donc moins l’aboutissement d’une croissance que son nouvel outil. 40 millions d’euros de revenus organiques, une ETI à construire, de nouveaux métiers à intégrer et un appareil industriel à automatiser : PrintOclock prépare désormais sa deuxième vie.

Et cette fois, Antoine Roux ne cache plus l’ambition : faire de l’entreprise née à Toulouse non plus seulement un imprimeur en ligne, mais un groupe industriel français de référence dans l’impression et le merchandising BtoB. 

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