Porté par la reprise vigoureuse de l’industrie aéronautique mondiale, le groupe toulousain Satys tourne définitivement la page d’une période de turbulences et consolide son positionnement sur ses métiers historiques. Après plusieurs années de crise et de réorganisation, l’entreprise fondée par Christophe Cador retrouve ses équilibres économiques, sécurise sa croissance et affiche, début 2026, des ambitions affirmées sur l’ensemble de ses marchés aéronautiques.
Après un recentrage complet sur l’aéronautique, l’entreprise retrouve sa rentabilité pré-Covid et prévoit 800 recrutements d’ici 2030, dans un contexte de hausse des cadences. (Photo Satys)
La dynamique actuelle du secteur aéronautique mondial offre à Satys un environnement bien différent de celui traversé entre 2020 et mi-2024. La crise sanitaire, suivie d’un contexte d’hyper-inflation, d’une cyber-attaque et d’une discontinuité brutale de la demande, avait fragilisé l’ensemble des activités du groupe. Une séquence difficile, que l’entreprise toulousaine a abordée en menant un travail de fond sur son organisation, son intégration industrielle et la montée en compétences de ses équipes.
« Ce contexte porteur contraste avec les difficultés extrêmes que nous avons rencontrées sur toutes les activités de 2020 à mi-2024, d’abord liées à la crise sanitaire puis aux conséquences de l’hyper-inflation, d’une cyber-attaque et de la discontinuité de la demande », souligne Christophe Cador, fondateur et président du groupe. Le dirigeant rappelle que ces années ont été mises à profit pour investir de manière ciblée dans la formation et les outils industriels, afin d’anticiper le redémarrage rapide de la filière.
Ces efforts portent désormais leurs fruits. Satys a retrouvé ses ratios de rentabilité pré-Covid et s’appuie sur des fondamentaux inchangés depuis près de quarante ans : la sécurité des collaborateurs, le respect des délais, la qualité des prestations et l’esprit de service.
Un recentrage assumé sur les métiers historiques de l’aéronautique
Depuis 2020, Satys a engagé un virage stratégique majeur en recentrant progressivement ses activités sur son cœur de métier aéronautique, à savoir la peinture d’avions et le traitement de surface. Cette feuille de route s’est traduite par plusieurs opérations structurantes. L’activité câblage a été cédée dès 2020 à un fonds d’investissement, avant la vente, début 2025, de la branche Satys Cabin au groupe UUDS, leader français de l’aménagement de cabines. Plus récemment, le 30 janvier 2026, l’activité d’intériorisme ferroviaire Kelox a rejoint le groupe français Barat.
Cette dernière opération a marqué l’aboutissement d’un travail de redressement mené en 2025, après des difficultés financières particulièrement sévères rencontrées entre 2022 et 2024, ayant nécessité un soutien financier significatif de l’actionnaire. Elle s’inscrit dans une logique claire : concentrer les ressources, les investissements et les compétences sur les segments où Satys dispose d’un avantage industriel reconnu à l’échelle mondiale.
Toulouse : une opération stratégique avec la reprise des salles de peinture de Sabena technics
Dernière illustration de cette stratégie de recentrage et de développement, la reprise par Satys des quatre salles de peinture d’avions de Sabena technics, sur le site de Toulouse-Cornebarrieu. Finalisée le 13 février 2026, l’opération concerne des installations situées en bordure immédiate des pistes de Toulouse-Blagnac, capables de traiter 140 avions par an.
Elle s’accompagne de la reprise d’environ 130 salariés, intégrés au sein de Satys Aerospace. Cette consolidation des savoir-faire locaux renforce significativement la capacité industrielle du groupe au service de ses clients, au premier rang desquels figure Airbus.
« Le savoir-faire des équipes Satys à Blagnac, combiné à celui de Sabena technics à Cornebarrieu, va nous permettre de renforcer encore notre positionnement et notre performance vis-à-vis du client Airbus », souligne Grégory Mayeur, CEO de Satys Aerospace. Désormais, le groupe dispose à Toulouse de dix salles de peinture, dont quatre adaptées aux avions long-courriers, un atout industriel de premier plan.
Cette opération s’inscrit dans une trajectoire entamée plusieurs années auparavant, avec notamment l’acquisition de SPI en 2022 et l’ouverture de nouvelles salles de peinture en 2025 et 2026, dont une capacité long-courrier à Châteauroux.
Deux pôles autonomes pour structurer la croissance aéronautique
La holding Satys Industries repose aujourd’hui sur deux ensembles complémentaires, entièrement dédiés à l’aéronautique. Le premier, Satys Aerospace, s’impose comme un leader mondial de la peinture et de l’étanchéité des aéronefs. À l’approche de ses 40 ans, que la société célébrera en juin 2026, ce pôle opère quarante-six salles de peinture et soixante-huit cabines réparties dans dix pays.
Sa trajectoire de croissance est particulièrement marquée. Après un chiffre d’affaires de 140 millions d’euros en 2019, puis 96 millions d’euros en 2021, Satys Aerospace a atteint 192 millions d’euros en 2025. Les projections font état de 265 millions d’euros en 2028, pour dépasser 300 millions d’euros à l’horizon 2030, avec 1 200 aéronefs peints chaque année. Cette dynamique est portée par une croissance moyenne de 8 % des cadences des avionneurs, mais aussi par des gains de parts de marché sur les segments de la défense et de la maintenance aéronautique.
Le second pôle, Satys Coatings, est spécialisé dans le traitement de surface des pièces aéronautiques. Dirigé par Thierry Cotelle, il exploite quatre sites industriels en France et en Europe, à Marseille, Toulouse, Dugny et Gyula en Hongrie. Le groupe a également développé, à Marignane, une plateforme technologique innovante en partenariat avec Gaches Chimie, combinant bureau d’études, expertise corrosion et laboratoire de recherche.
Avec un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros en 2025, une croissance de 7 % et 300 collaborateurs, Satys Coatings mise fortement sur l’innovation, notamment à travers le développement de la technologie d’anaphorèse, alternative aux chromates, ayant fait l’objet d’un investissement de 7 millions d’euros en 2023. « Nous nous sommes fixé comme priorités la réduction des délais de traitement, le maintien d’un haut niveau de qualité et la mise à disposition de capacités supplémentaires pour accompagner la croissance de la filière aéronautique », précise Thierry Cotelle.
Des perspectives d’emploi et d’investissement à long terme
Au-delà de ses performances industrielles, Satys affiche des perspectives sociales significatives. Le groupe emploie aujourd’hui 2 200 personnes, dont 1 500 en France, et prévoit 800 recrutements d’ici 2030, dont plus d’un tiers sur le territoire national. Son actionnariat associe le fondateur Christophe Cador, le management et plusieurs investisseurs financiers de référence, parmi lesquels Tikehau Investment Management, Crédit Mutuel Equity, le Groupe Crédit Agricole, Bpifrance et l’IRDI.
« Ils ont été, avec nos banques historiques, très en soutien pendant les années difficiles », rappelle Pierre-Yves Fargeas, directeur financier du groupe, soulignant l’importance de cet accompagnement dans la traversée de la crise.
À l’aube de 2026, Satys apparaît ainsi pleinement repositionné sur ses fondamentaux, prêt à accompagner la montée en cadence durable de l’aéronautique mondiale, tout en consolidant son ancrage industriel en Occitanie et son rayonnement international.