Avec le lancement de TWB 4.0, TWB revoit en profondeur son modèle d’accompagnement afin de mieux répondre aux attentes des industriels, des start-ups et des fournisseurs de technologies. Plus flexible, plus collaboratif et davantage orienté vers l’action, cette nouvelle feuille de route repose sur une offre segmentée, sur l’innovation en écosystème et sur un appui renforcé aux jeunes pousses. En toile de fond, la structure toulousaine entend consolider son rôle dans les biotechnologies industrielles en s’appuyant notamment sur la modélisation, l’intelligence artificielle et les technologies haut-débit.
L’équipement Echo Access du plateau Ingénierie de souches Haut-débit des laboratoires TWB. (Photo Jérémie Lortic)
Après un an de travail mené avec ses partenaires et ses clients, TWB dévoile une nouvelle étape de son développement avec TWB 4.0, présenté comme un modèle d’accompagnement repensé pour accélérer l’innovation dans les biotech industrielles. L’enjeu, pour cette structure experte dans la conduite de projets de R&D en biotechnologies industrielles et dans la conception de solutions durables, est de proposer un cadre plus ajusté aux réalités de terrain.
Jusqu’ici, le niveau d’accompagnement dépendait en grande partie de la taille des entreprises. Désormais, TWB fait évoluer cette logique pour tenir compte d’autres paramètres, jugés plus représentatifs des besoins effectifs des acteurs accompagnés. La maturité scientifique, les objectifs industriels ou encore les ressources internes disponibles entrent ainsi dans l’équation.
« Jusqu’à présent, le niveau d’accompagnement reposait essentiellement sur la taille des entreprises. Or, ce critère ne reflète pas toujours leur réalité opérationnelle : certaines entreprises explorent les biotechnologies avec peu de ressources humaines, tandis que d’autres disposent déjà d’équipes structurées et d’expertises avancées. Nous avons repensé notre modèle pour prendre en compte plusieurs critères tels que la maturité scientifique, les objectifs industriels ou encore les ressources internes, afin d’adapter plus finement notre accompagnement », explique Pascal Chapon, directeur exécutif de TWB.
Concrètement, ce nouveau dispositif s’organise autour d’un accompagnement sur-mesure multi-niveaux. Baptisées Synergist, Catalyst, Pioneer et Techno providers, ces différentes catégories doivent permettre d’adapter le parcours de chaque partenaire à son profil, qu’il s’agisse d’une start-up en phase d’amorçage, d’un industriel plus avancé ou d’un acteur apportant des briques technologiques.
Une offre structurée pour raccourcir les délais et fluidifier les collaborations
À travers TWB 4.0, la structure entend aussi rendre ses collaborations plus lisibles, plus rapides et plus opérationnelles. Le nouveau modèle s’articule autour de quatre catégories de services : l’accompagnement scientifique et expérimental, le volet stratégique, l’appui financier et le réseautage.
L’ambition affichée consiste à offrir aux entreprises un retour sur investissement plus clair, tout en simplifiant les modalités de coopération. Pour cela, TWB met en avant plusieurs leviers destinés à lever les freins habituels à l’innovation collaborative. Parmi eux figurent notamment la pré-négociation de la propriété intellectuelle, une contractualisation rapide, un accès prioritaire aux plateformes et expertises de TWB, ainsi que la réalisation d’études d’opportunité.
Cette refonte traduit une volonté de renforcer le cœur de métier scientifique et technologique de la structure tout en offrant un environnement plus agile à des acteurs souvent confrontés à des temporalités de développement serrées, à des enjeux d’industrialisation complexes et à des besoins de sécurisation élevés.
L’intelligence artificielle et la donnée au service de la biotechnologie industrielle
Autre axe central de cette transformation : l’intégration plus poussée de nouveaux outils et de nouvelles expertises dans les parcours proposés par TWB. La structure enrichit ainsi son accompagnement avec des compétences complémentaires attendues par les industriels, comme l’analyse du cycle de vie (LCA) ou les analyses techno-économiques, qui seront désormais mobilisées via des partenaires spécialisés.
Mais c’est surtout sur le terrain de la numérisation que TWB entend accentuer son positionnement. Grâce à ses plateformes d’accélération, la structure vise un rôle de pionnier dans l’usage de la modélisation et de l’intelligence artificielle appliquées aux biotechnologies industrielles. Le projet européen Bioindustry 4.0, auquel elle prend part, illustre cette orientation. Son objectif est d’accélérer la transformation numérique du secteur vers une biofabrication intelligente.
Dans cette perspective, la qualité et l’exploitation des données deviennent des sujets déterminants. TWB annonce ainsi un renforcement de sa stratégie de data management avec, en partenariat avec iMEAN, la mise en place d’une nouvelle architecture DATA destinée à améliorer l’exploitation des données produites par ses équipements haut-débit. Ces outils permettent d’analyser simultanément de grands volumes d’échantillons, soit au moins 96 échantillons en même temps, grâce à l’automatisation et à des technologies avancées.
Cette montée en puissance de la donnée et de l’IA doit permettre à la structure de mieux accompagner les entreprises dans la réduction des temps de développement, l’optimisation des procédés et l’amélioration de la prise de décision scientifique et industrielle.
Faire émerger une open innovation plus concrète et plus collective
Avec TWB 4.0, la structure veut également redéfinir sa manière de faire de l’innovation ouverte. Elle annonce le lancement de premières communautés d’intérêts en biotech industrielles, pensées pour favoriser la co-construction de biosolutions entre acteurs issus d’horizons variés.
L’idée est d’aller au-delà de collaborations bilatérales pour faire travailler ensemble, sur une même problématique, des industriels, des chercheurs, des start-ups ou encore des investisseurs, parfois venus de secteurs différents. L’objectif est de faire émerger des réponses qu’aucun acteur ne prendrait seul le risque de développer.
« Pendant longtemps chez TWB, ce que l’on appelait open innovation reposait surtout sur des collaborations bilatérales. Avec TWB 4.0, nous voulons aller plus loin. La véritable open innovation consiste à faire travailler ensemble plusieurs acteurs confrontés à une même problématique. L’idée n’est pas de créer un énième “think tank”, mais un “think & do tank” : identifier les défis à relever, construire des coalitions d’acteurs et passer rapidement à l’action », souligne Pascal Chapon.
Cette logique, qui mêle réflexion collective et expérimentation, doit permettre d’accélérer la naissance de projets collaboratifs à fort impact, tout en optimisant les ressources et en partageant les risques. TWB indique d’ailleurs que cette méthode a déjà permis de réengager des partenaires industriels historiques, tandis que de nouveaux acteurs ont choisi de rejoindre cette dynamique.
Un nouvel élan pour les start-ups avec Smart-Up Ventures
Le troisième pilier de TWB 4.0 concerne l’accompagnement des jeunes entreprises innovantes. Forte d’un historique jugé solide sur ce terrain, la structure veut désormais élargir son soutien au-delà des seuls aspects scientifiques et technologiques. C’est dans cette optique qu’elle lance Smart-Up Ventures, un dispositif conçu pour ajouter une véritable dimension business à son offre.
Le constat dressé par TWB s’appuie sur des résultats revendiqués comme significatifs. Sur les dix dernières années, les start-ups accompagnées ont affiché un taux de réussite de 90 % à cinq ans et levé plus de 200 millions d’euros de financements. Le communiqué cite notamment Aviwell, avec 11 millions d’euros levés en 2025, et Pili, avec 14,5 millions d’euros en 2023.
Pour aller plus loin, Smart-Up Ventures s’appuiera sur les expertises de trois start-ups studios — 4Elements, Technofounders et Agrilife Studio — ainsi que sur la SATT Toulouse Tech Transfer. L’idée est d’ouvrir l’accès à des compétences complémentaires, qu’elles soient administratives, marketing ou financières, afin de couvrir plus largement les besoins des jeunes pousses.
« Jusqu’à présent, TWB proposait un accompagnement scientifique et technique reconnu. En y ajoutant une dimension business via nos nouveaux partenaires, les start-ups ont désormais accès à des compétences complémentaires, administratives, marketing ou financières, qui répondent à l’ensemble de leurs besoins », précise Pascal Chapon.
À l’horizon 2027, TWB se fixe l’objectif d’héberger et d’accompagner une quinzaine de start-ups. Pour y parvenir, l’écosystème devrait pouvoir s’appuyer sur la future Halle Pilote, une halle technologique de 15 000 m² dédiée aux biotechnologies, portée par l’INSA Toulouse, dont l’ouverture est annoncée pour le second semestre 2027.
Une structure installée dans le paysage depuis 2012
Au-delà de cette inflexion stratégique, TWB rappelle les bases de son positionnement. Depuis sa création en 2012, la structure a participé à plus de 400 projets collaboratifs de R&D et accompagné la croissance de nombreuses start-ups. Elle réunit aujourd’hui 72 collaborateurs.
Son modèle repose sur une mise en relation de compétences issues de toute la chaîne de valeur des biotechnologies : chercheurs, entrepreneurs, financeurs, institutionnels et industriels. Cette capacité à fédérer des mondes différents, tout en simplifiant la relation contractuelle, constitue l’un des marqueurs de la structure, qui se présente comme un accélérateur d’innovations au service d’une industrie plus éco-responsable.
Sur le plan institutionnel, TWB est une Unité Mixte de Service, gérée par INRAE, sous la triple tutelle INRAE/INSA/CNRS. Une assise qui lui permet aujourd’hui d’aborder une nouvelle phase de son développement avec l’ambition de peser davantage dans la transformation des biotechnologies industrielles.
En lançant TWB 4.0, la structure ne se contente pas d’ajuster son offre. Elle cherche à repositionner plus largement son rôle dans un secteur où la rapidité d’exécution, la qualité des données, la mutualisation des expertises et la solidité des écosystèmes deviennent des facteurs décisifs. En combinant accompagnement segmenté, outils numériques avancés, communautés d’intérêts et soutien renforcé aux start-ups, TWB entend franchir un cap et accélérer l’émergence de solutions industrielles durables, à l’heure où les biotechnologies sont de plus en plus perçues comme un levier de transformation des modèles productifs.