L’agence toulousaine de communication spécialisée dans l’innovation vise 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en 2026, en progression de plus de 30 %. Portée par sa diversification auprès des grands comptes, StandOut structure son activité autour du conseil et de la création, annonce devenir société à mission et se fixe un cap national à l’horizon 2030.
De gauche à droite : Paul Zanin-Rey, CEO, Hugo Roy, directeur général et Jean-François Paillas, CTO de Stand Out. (Photo StandOut)
Les start-up ont fait les premières années de StandOut. Les grands comptes prennent désormais une place équivalente dans son activité. Depuis 2024, l’agence toulousaine a élargi sa clientèle aux entreprises industrielles et aux groupes de services, avec plusieurs contrats remportés ces derniers mois : Airbus Robotics, Eiffage, Vinci Facilities et Eurécia.
« Avec ce virage réussi, l’activité de l’agence est aujourd’hui répartie à parts égales entre start-ups et grandes entreprises. Demain, ces dernières devraient compter pour les deux tiers de notre chiffre d’affaires », explique Hugo Roy, directeur général et cofondateur.
Cette évolution soutient les prévisions de l’entreprise pour 2026 : 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires, un montant qu’elle espère même dépasser, et une progression attendue de plus de 30 % sur un an. StandOut compte aujourd’hui 12 salariés et prévoit de porter son équipe à 15 collaborateurs d’ici décembre.
Derrière ces objectifs, les trois associés, Paul Zanin-Rey, Hugo Roy et Jean-François Paillas, défendent une spécialisation : aider les entreprises à faire comprendre leurs innovations et à trouver leur marché. Un travail qui commence, selon eux, bien avant la réalisation d’un site internet ou d’une campagne de communication.
De la technologie au marché
Une innovation peut convaincre des ingénieurs sans être immédiatement comprise par un investisseur, un distributeur ou un futur utilisateur. C’est dans cet écart que StandOut situe son intervention. L’agence travaille sur la manière de présenter une technologie, d’en expliquer l’utilité et d’adapter les arguments aux publics concernés, qu’il s’agisse de partenaires financiers, d’institutions, de clients ou de candidats au recrutement.
« Notre première conviction était que la communication devait être un sujet de performance », rappelle Paul Zanin-Rey, président et directeur de la création. Développement commercial, compréhension de l’offre, notoriété et marque employeur constituent les principaux objectifs de cet accompagnement.
Pour y répondre, StandOut vient de répartir ses activités entre un cabinet de conseil et une agence de communication. Les consultants interviennent en immersion chez les clients sur la stratégie de croissance, la construction de l’offre, les prix, la mise sur le marché, l’organisation commerciale et le plan de communication. Le second pôle prend en charge la création graphique, le développement web ainsi que les contenus imprimés et vidéo.
L’entreprise entend ainsi éviter à ses clients de coordonner une succession de prestataires. « Notre force et notre différenciation, c’est que nous intégrons toute la chaîne de compétences, avec une vision de bout en bout, du conseil aux livrables », poursuit Paul Zanin-Rey.
Cette organisation suppose de consacrer du temps à la compréhension des métiers. Pour les équipes, il faut pouvoir échanger avec des chercheurs, des scientifiques et des ingénieurs avant de traduire leurs travaux en messages accessibles. « La communication a certes pour but de simplifier, mais simplifier ne veut pas dire passer à côté d’aspects essentiels parce que trop complexes à traduire », insiste le président.
Les start-up restent un socle
StandOut a développé cette méthode auprès de jeunes entreprises de Toulouse et d’Occitanie, notamment grâce à des partenariats avec Nubbo et la French Tech Toulouse. Depuis 2018, elle indique avoir accompagné plus de 100 entreprises innovantes, dans des domaines allant des biotechnologies à la cybersécurité, en passant par la fintech, la deeptech, les technologies médicales et environnementales, la logistique, la supply chain et les logiciels SaaS.
Parmi ses références figurent Capitole Énergie, Hector le collector, SelfCity et Abelio. Au total, les entreprises accompagnées ont levé plus de 500 millions d’euros, selon les données communiquées par l’agence.
« Nous suivons les mêmes indicateurs que les incubateurs : les apports en investissements au projet, les fonds levés par l’entreprise accompagnée », précise Hugo Roy. StandOut utilise ainsi les financements obtenus par ses clients comme l’un des repères de leur développement.
La diversification engagée depuis deux ans conserve ce fil conducteur de l’innovation, mais étend les interventions à des entreprises de tailles différentes. L’agence travaille désormais pour des PME, des ETI et des grands groupes, notamment dans l’aéronautique, l’énergie, la santé, la finance, l’environnement et les services logiciels. Pour Hugo Roy, la structuration du conseil et la capacité à développer l’activité auprès de l’industrie expliquent la croissance prévue cette année.
Un cap national fixé à 2030
L’agence prépare aussi son développement au-delà de l’Occitanie. Elle accompagne déjà des start-up franciliennes et a noué des partenariats avec Paris&Co, l’agence territoriale d’innovation de la Ville de Paris, l’incubateur de l’ESPCI Paris, la société d’investissement Raise et des fonds spécialisés dans la tech.
« D’ici 2030, notre objectif est de décrocher le leadership en France », annonce Jean-François Paillas, directeur des technologies. « Nous voulons devenir le réflexe pour les entreprises innovantes, qu’elles consultent systématiquement StandOut, parce que nous sommes une agence qui sait travailler avec des ingénieurs, des scientifiques, des chercheurs. »
Les associés visent 3 millions d’euros de chiffre d’affaires à cet horizon, avec un effectif d’environ 30 salariés et 60 % de l’activité à l’échelle nationale. Pour accompagner cette trajectoire, StandOut a obtenu un prêt « Boost » de Bpifrance et a été retenue dans le programme Croissance du Réseau Entreprendre.
L’entreprise avait également reçu, fin 2025, le Coup de cœur du jury des Trophées des leaders de demain, dans la catégorie innovation.
Une mission et un engagement sur la clientèle
Cette rentrée marque une autre évolution : StandOut annonce devenir société à mission en septembre 2026. Sa raison d’être, récemment présentée aux salariés et aux partenaires, tient en une phrase : « révéler le potentiel des entreprises innovantes qui façonnent le monde de demain ».
Pour Jean-François Paillas, cet engagement doit notamment se traduire dans le profil des entreprises accompagnées. « Une majorité des entreprises clientes de StandOut ont un impact positif. Demain, nous visons 100 %. La performance sera là aussi, car c’est le sens que nous voulons donner à notre volonté d’entreprendre. »
L’agence inscrit cette démarche dans un mouvement qui concerne, selon le 8e baromètre des entreprises à mission 2025 cité dans son dossier de presse, plus de 2 000 entreprises et un million de salariés en France.
De Singapour à l’avenue de Muret
L’histoire de StandOut a commencé loin de Toulouse. Début 2017, Paul Zanin-Rey part à Singapour pour un stage pendant son année de césure à Sciences Po Toulouse. Il quitte rapidement la société de conseil qui l’accueille et crée, avec un jeune entrepreneur indien, une agence de marketing digital tournée vers les entrepreneurs français expatriés, surnommés les « Singafrogs ».
Hugo Roy, son ami et camarade de promotion, le rejoint au printemps. Les deux étudiants rentrent ensuite en France pour terminer leur cursus. Diplômés, ils proposent à Jean-François Paillas, issu de la promotion précédente de l’IEP, de participer à une nouvelle implantation de StandOut. L’agence toulousaine est lancée fin 2018, avec une offre d’abord centrée sur le web et l’identité de marque.
L’activité s’élargit progressivement et l’équipe atteint une douzaine de collaborateurs au début des années 2020. Aujourd’hui, StandOut occupe 220 m² au 176, avenue de Muret, dans le quartier Croix-de-Pierre.
L’agence reste impliquée dans les réseaux où elle a grandi. Elle est membre de la French Tech Toulouse, tandis que Hugo Roy assure la communication du bureau du Comex 40 du MEDEF Haute-Garonne. C’est depuis cette implantation toulousaine que les associés prévoient de développer leur clientèle nationale, avec une première échéance très concrète : renforcer l’équipe d’ici la fin de l’année.