Avec 537 550 spectateurs et 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, le Zénith Toulouse Métropole signe une année record. La salle élargit sa programmation, prépare de nouveaux services et entend doubler le poids des événements professionnels dans son activité. Une diversification qui s’accompagne d’un soutien à la création régionale.
Gaëtan Brochard, directeur général du Zénith Toulouse Métropole. (Photo Dorian Alinaghi)
Pour la première fois depuis son inauguration en 1999, le Zénith Toulouse Métropole a dépassé les cent événements en une année. En 2025, la salle a accueilli 109 manifestations, en hausse de 15 %, et 537 550 spectateurs, soit une progression de 45 %. La fréquentation augmente ainsi bien plus vite que le nombre de rendez-vous proposés.
Les résultats économiques suivent cette trajectoire. Le chiffre d’affaires atteint 6,5 millions d’euros, en augmentation de 31 % par rapport à 2024, et dépasse de 47 % le budget prévisionnel initial. Pour cet équipement capable de recevoir jusqu’à 11 000 spectateurs, l’enjeu est désormais de traduire cette croissance dans le fonctionnement du lieu et dans son offre.
« La performance économique n’est pas une fin en soi. Elle nous permet de réinvestir dans notre projet, dans nos équipes, dans l’expérience proposée au public et dans le territoire », explique Gaëtan Brochard, directeur général du Zénith Toulouse Métropole. « C’est ce cercle vertueux qui nous permet aujourd’hui d’imaginer un nouveau modèle pour le Zénith. »
L’humour gagne du terrain, les concerts ne font plus seuls l’affiche
Engagée depuis dix ans, la diversification de la programmation répond aux évolutions du spectacle vivant et des attentes du public. La musique conserve une place centrale, mais la danse, le sport, les ciné-concerts, les comédies musicales et les spectacles familiaux occupent davantage le calendrier.
L’humour en donne l’illustration la plus nette : 22 dates en 2025, contre deux l’année précédente, soit une augmentation de 1 000 %. Au total, 53 % des manifestations accueillies en 2025 relevaient de formats autres que le concert, contre 48 % en 2017.
Cette évolution sollicite aussi les équipes, amenées à accompagner des productions aux exigences techniques et aux publics différents. Le Zénith indique investir chaque année dans l’adaptation du lieu et l’amélioration de l’accueil, sans préciser les montants engagés.
Depuis le début de la délégation de service public en 2017, la salle totalise 708 manifestations et plus de trois millions de spectateurs. Pour 2026, elle prévoit d’accueillir 570 000 spectateurs. À plus long terme, elle affiche un objectif de dix millions de spectateurs cumulés à l’horizon de son trentième anniversaire, en 2029.
Les entreprises, un relais de développement
Au-delà de la billetterie des spectacles, le Zénith veut renforcer sa place sur le marché des rencontres professionnelles. TBS Education, Sopra Steria et Airbus y ont déjà organisé des événements. En 2025, cinq congrès et conventions ont réuni 16 000 participants.
L’objectif annoncé est de doubler ce volume d’activité d’ici à la fin de la délégation de service public, pour porter ce segment de 5 % à 10 % de l’activité globale. La salle entend ainsi mieux exploiter sa capacité à accueillir des rassemblements professionnels de grande ampleur.
Cette ambition s’appuie notamment sur le Club Zénith, qui rassemble une vingtaine d’entreprises locales, dont Crédit Mutuel Midi Atlantique, Groupe Dallard Citroën et Bio-Tech. L’ouverture de nouveaux espaces est également envisagée pour 2027, afin d’enrichir l’accueil et de répondre à la demande observée sur certains concerts particulièrement recherchés. À ce stade, le communiqué ne détaille ni leur configuration ni le calendrier précis de leur réalisation.
L’activité mobilise un réseau plus large que les seuls effectifs permanents. Le Zénith compte 11 salariés et travaille avec une vingtaine de partenaires réguliers. Selon les manifestations, 150 à 200 personnes interviennent entre les équipes de la salle, les prestataires, les professionnels de l’accueil et les partenaires.
Une saison entre retours attendus et premières scènes toulousaines
La programmation annoncée du 23 septembre 2026 à la fin juin 2027 prolonge cette diversification. Placebo, Joe Bonamassa, Orelsan, Gims, Florent Pagny, Ibrahim Maalouf, Feu ! Chatterton, Ninho et PLK figurent parmi les artistes attendus. Bigflo & Oli donneront deux nouveaux concerts, portant à cinq le nombre de leurs rendez-vous au Zénith sur l’année 2026.
Les grandes productions occuperont également la scène, avec Star Wars, The World of Hans Zimmer, Disney en concert, Le Lac des Cygnes, Casse-Noisette et Le Roi Soleil. Des rendez-vous de MMA, Les Chevaliers du Fiel et la Fête de la musique 2027 s’inscrivent aussi au calendrier, aux côtés d’autres propositions d’humour et de spectacles familiaux.
La saison marquera par ailleurs une première venue au Zénith Toulouse Métropole pour Mosimann, Suzane, Sabaton, Electric Callboy, French 79, Dub Inc + Danakil, K-Pop Forever et Deluxe. Une manière d’élargir les publics en faisant entrer de nouveaux répertoires dans la salle. À la date du bilan présenté le 15 septembre 2026, plusieurs rendez-vous, dont ceux de Placebo, Jarry et Christophe Maé, affichent déjà complet.
Restauration et produits régionaux pour prolonger la sortie
Le développement passe aussi par ce qui se joue avant l’entrée en salle. Pour la saison 2026-2027, Maison Pergo installera deux espaces extérieurs, dans le cadre d’une concession. Ils proposeront une restauration chaude lors de l’ensemble des événements, avec des horaires adaptés à chaque manifestation.
À l’intérieur, le partenariat avec Occitanie-Sud de France, engagé depuis le 1er septembre 2025, doit être renforcé pour donner davantage de place aux produits régionaux, notamment au vin.
L’intention est de faire du Zénith un lieu où le public peut arriver plus tôt, se restaurer et partager un moment avant le spectacle. Ces services participent à la volonté de développer la fréquentation du site au-delà du seul temps passé devant la scène.
Une place pour les artistes du territoire
Le Zénith entend également inscrire son développement dans le soutien à la création locale. Lancée fin 2025, dans le prolongement du Festival OZ, consacré aux artistes émergents du territoire, La Capsule propose des showcases de trente minutes dans le hall, les soirs de grands spectacles.
Sélectionnés par un jury de professionnels, les artistes toulousains et régionaux bénéficient ainsi d’une exposition auprès du public venu assister à la programmation principale. Une dizaine de dates sont programmées en 2026, tandis que le dispositif commence à se déployer « hors les murs ». La salle a aussi organisé sa première Fête de la musique en 2026 et souhaite pérenniser ce rendez-vous, dont elle souligne l’accueil favorable auprès des artistes et du public.
Les arts visuels trouvent eux aussi leur place dans le bâtiment. Pour la saison 2026-2027, Fafi signe la nouvelle fresque du hall public. Renouvelée chaque saison depuis 2018, cette initiative offre un espace d’expression à des artistes locaux et régionaux.
La photographie bénéficie, depuis 2019, d’une exposition annuelle dans le hall, consacrée au travail de photographes liés aux univers musical et culturel. Carole Épinette y présentera, pour 2026-2027, « Rythmes en mouvement », autour du sport et de la musique.
Entre spectacles, événements d’entreprise, restauration et création régionale, le Zénith élargit ainsi ses usages. Après le cap des cent manifestations annuelles, sa prochaine étape se dessine dans les espaces autant que dans le calendrier.