Occitanie Data. Une structure régionale dédiée à l'économie de la donnée

Bertrand Monthubert, conseiller régional délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche de la Région Occitanie.

Les questions de l’éthique et de la valorisation de la donnée sont inévitables quand on utilise l’intelligence artificielle. Occitanie Data a l’ambition d’organiser ces questionnements pour aboutir à une économie de la donnée juste et viable.

 

Comment parvenir à une utilisation optimale des données, c’est-à-dire une utilisation juste, éthique et viable ? comment créer de nouveaux usages en donnant accès à ses données tout en respectant le RGPD ? comment ce partage peut-il être équitable et quel est le modèle économique idéal ? 
Lancée en avril dernier, l’association Occitanie Data porte la grande ambition d’organiser tous ces questionnements, tant du côté des citoyens que des acteurs économiques. Présidée par Bertrand Monthubert, aussi conseiller régional délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche de la Région Occitanie, cette structure-tiers compte 19 membres (collectivités, institutions publiques, clusters, entreprises, scientifiques, académiques) et 80 autres structures gravitent déjà autour des réflexions en cours. Bertrand Monthubert attribue l’essor que connaît l’IA aujourd’hui à deux éléments : les capacités calculatoires qui dès les années 2010 ont permis de faire fonctionner de nouvelles méthodes algorithmiques et l’accumulation d’un très grand nombre de données. Comment utiliser les données ? que peut-on en faire ? «Nous assistons aujourd’hui à une vraie prise de conscience de l’impact de l’utilisation des data, tant sur le plan éthique qu’économique », observe le président d’Occitanie Data qui s’appuie sur un sondage présenté en novembre dernier sur les attentes des Français en matière de gestion des données. « Cette enquête montre une certaine forme d’inquiétude de la part des citoyens et les entreprises en ont bien conscience.» Le cadre éthique est une des problématiques soulevées aujourd’hui, dans lequel il faut aussi inclure les questions énergétiques : toutes les données sont-elles indispensables ? Comment réduire les calculs pour diminuer l’empreinte énergétique ? Sur la problématique du modèle économique, l’enjeu est d’arriver à une organisation juste où les producteurs de données cessent d’être spoliés : « si de la valeur économique est créée grâce à une donnée, il est légitime que son producteur y trouve son compte », observe le président de l’association qui s’est rapprochée de Toulouse School of Economics pour les accompagner dans cette réflexion.