Vers un seul pilote dans les cockpits des Airbus ?

Airbus avait été précurseur pour généraliser le vol à deux pilotes introduisant les commandes de vol électroniques et l’automatisation de fonctions embarquées. Le passage à un seul pilote est envisagé.

Les progrès de l’électronique et l’intelligence artificielle à bord permettent-ils d’envisager un seul pilote sur un avion type A320 ?

Les récentes avancées en électronique et en intelligence artificielle, tirées notamment du marché de la voiture autonome, ouvrent des perspectives pour l’aéronautique. Il s’agit en particulier des technologies de traitement d’images pour détecter des obstacles ou encore pour situer des points de repère.  Notre ambition aujourd’hui est de repenser complètement le cockpit et les systèmes qui y sont intégrés en tirant des enseignements à partir des compétences d’Airbus en matière d’opérations des avions. Nous travaillons donc sur un nouveau concept afin de réduire fortement la charge de travail de l’équipage en temps normal et en situations perturbées. Ce concept permettrait d’aboutir à un cockpit qui pourrait être opéré avec un seul pilote aux commandes.

A quelle échéance ?

Compte tenu du niveau de recherche à mener sur le sujet, nous estimons une entrée en service de d’un cockpit à un pilote dans une dizaine d’années. Par ailleurs, plusieurs années supplémentaires en équipage à deux seront ensuite nécessaires avant de déployer intégralement le dispositif de cockpit à un pilote.

Des programmes d’essais avec un seul pilote sont-ils envisagés par Airbus ?

A ce stade de la recherche, nous nous concentrons sur les éléments qui permettent d’étudier le concept dans son ensemble. En parallèle, nous testons en vol des briques technologiques telles que le traitement des images.

Les obstacles au vol à un seul pilote sont-ils techniques, réglementaires ou dans l’acceptation du changement ?

L’ensemble des acteurs doit avoir pleinement confiance. Cela recouvre tous les aspects que vous mentionnez. D’un point de vue « technique », il reste à convaincre les ingénieurs, pilotes, spécialistes en facteurs humains de la justesse de notre concept d’opérations, de l’architecture des systèmes et cela sur tous les aspects du projet dans les moindres détails. Si l’industrie est convaincue, la certification devrait suivre : nous avons tous le même souci d’assurer la sécurité de tous. Cette confiance acquise par l’industrie devra être partagée en particulier avec les passagers. Cela passera d’une part par la diffusion large de l’autonomie dans la vie de tous les jours - voitures autonomes, de robots en médecine, etc. – qui alimente d’ores et déjà un large débat dans la société, et d’autre part par un travail d’explication et de transparence de la part des constructeurs d’avions.