Le torréfacteur artisanal inaugure le 3 novembre 2026 un atelier de 1 400 m² destiné à accompagner sa croissance. Après 250 tonnes de café vert torréfiées en 2025, Cafés Di-Costanzo se dote d’un outil associant récupération de chaleur, énergies renouvelables et conception bioclimatique. L’entreprise gersoise compte aujourd’hui 60 000 clients particuliers et accompagne plus de 1 500 professionnels.
Un bâtiment en terre, paille et bois, sans climatisation, une récupération de la chaleur du torréfacteur et des énergies renouvelables : le projet touche autant aux murs qu’à la fabrication. (Photo Agence Attila)
À L’Isle-Jourdain, le développement de Cafés Di-Costanzo avait fini par se heurter aux capacités de son atelier. Installée dans la commune depuis 2017, l’entreprise a torréfié 250 tonnes de café vert en 2025. Pour répondre à la progression de la demande, portée à la fois par les particuliers et par les professionnels du Sud-Ouest, ses dirigeants ont choisi de revoir leur outil de production. La nouvelle brûlerie, inaugurée ce mardi 3 novembre, représente 2,2 millions d’euros d’investissement et plus d’un an de travaux.
L’opération marque une nouvelle étape pour cette maison fondée dans les années 1970 à Pujaudran, puis reprise en 2007 par Émilie et Étienne Gavanier. Le couple entend accroître les capacités de torréfaction tout en réduisant l’impact environnemental de l’activité.
« Nous avions atteint la limite de notre ancien outil de production. Mais agrandir ne suffisait pas : nous voulions concevoir une brûlerie qui soit à la hauteur de notre implication, autant pour le café que pour la planète », souligne Émilie Gavanier, directrice associée de Cafés Di-Costanzo.
Un bâtiment sans climatisation, une chaleur de torréfaction récupérée
Sur 1 400 m², la nouvelle installation associe terre, paille et bois selon une conception bioclimatique. Le bâtiment fonctionne sans climatisation, grâce notamment à un puits climatique. Avant de pénétrer dans les locaux, l’air extérieur emprunte des canalisations enterrées à environ deux mètres de profondeur. La température plus stable du sol permet de le préchauffer en hiver et de le rafraîchir en été. Ce dispositif doit limiter les besoins énergétiques tout en améliorant les conditions de travail des équipes.
L’effort porte également sur le procédé de fabrication. Le nouvel atelier récupère la chaleur fatale du torréfacteur, c’est-à-dire la chaleur produite par l’équipement et habituellement perdue. L’entreprise annonce par ailleurs une alimentation du site à 100 % en énergies renouvelables. Des panneaux photovoltaïques couvrent une partie des besoins électriques, complétée par de l’électricité verte.
Pour suivre les effets de ces choix, Cafés Di-Costanzo met en place une traçabilité carbone, appuyée sur un bilan carbone annuel. Cette mesure régulière doit lui permettre de suivre son empreinte, d’en communiquer les résultats et d’identifier les possibilités de réduction.
Des fermes partenaires aux livraisons, une démarche sur plusieurs fronts
Le nouvel atelier prolonge des pratiques engagées avant sa construction. « Nous sommes torréfacteurs, pas seulement vendeurs de café. Cela signifie que nous maîtrisons l’ensemble du processus, et donc que nous pouvons agir concrètement à chaque étape pour réduire notre impact. Cette brûlerie est la traduction physique de cet engagement », indique Étienne Gavanier, directeur associé.
Le torréfacteur entretient des relations avec des fermes partenaires depuis plus de dix ans, dont certaines cultivent le café en agroforesterie. Il annonce aujourd’hui 24 % de cafés certifiés en agriculture biologique. Son soutien aux producteurs passe également par des projets agricoles et sociaux. En Éthiopie, cet accompagnement s’est notamment traduit par la plantation de 22 000 arbres endémiques.
La transition vers les énergies vertes a commencé en 2019. La logistique fait elle aussi l’objet d’adaptations : 80 % des livraisons sont réalisées dans des caisses consignées et réutilisables. Cafés Di-Costanzo chiffre l’économie correspondante à 138 000 kg de cartons par an. Les pellicules issues de la torréfaction et le marc de café sont valorisés en compost, avec un élargissement du partenariat auprès de producteurs locaux.
L’entreprise a également développé un acheminement de café vert en cargo-voilier depuis la Colombie jusqu’à Bordeaux, prolongé par un transport fluvial via le canal du Midi. Sa démarche a été distinguée par le label « ÉCO-DÉFIS » de la Chambre des métiers du Gers en 2019, puis par le label « ZÉRO DÉCHET » en 2022.
Le café de spécialité comme positionnement exclusif
Avec cette nouvelle capacité de production, Cafés Di-Costanzo conserve son positionnement : la sélection et la torréfaction artisanale de cafés de spécialité, avec un suivi depuis la cerise, le fruit du caféier qui contient les graines, jusqu’à la tasse. Selon les chiffres avancés par l’entreprise, ce segment représente moins de 6 % du marché mondial. Le torréfacteur s’y consacre exclusivement et assure la traçabilité des cafés qu’il sélectionne.
Chaque lot retenu obtient une note supérieure à 80/100 selon les standards internationaux. Cette sélection repose notamment sur l’expertise d’Émilie Gavanier, titulaire du titre « Arabica Q Grader » délivré par le Coffee Quality Institute. Une qualification de dégustation et d’évaluation qui lui vaut d’être présentée comme un « nez du café ».
« Nous sommes une cinquantaine sur tout le territoire, 6 000 à l’échelle mondiale, majoritairement présents dans les pays producteurs de cafés, dans lesquels les Arabica Q Grader sont très demandés pour noter les cafés », explique-t-elle.
Cette recherche d’assemblages s’illustre avec « L’Éthiopie dans tous ses états », élaboré par Étienne Gavanier. Ce blend rassemble trois cafés biologiques de terroirs éthiopiens, issus de forêts et préparés selon trois procédés différents. Il a remporté le prix du Meilleur mélange Espresso de France en 2021.
Quatre boutiques et plus de 1 500 clients professionnels
L’activité repose sur deux clientèles. Cafés Di-Costanzo revendique 60 000 clients particuliers, servis par son site de vente en ligne et ses quatre boutiques de L’Isle-Jourdain, Toulouse, Pau et Tarbes.
L’entreprise accompagne aussi plus de 1 500 professionnels dans le Sud-Ouest. Bars de village, cafés, hôtels et restaurants gastronomiques s’approvisionnent auprès d’elle en café en grains ou moulu haut de gamme. À la fourniture s’ajoute le conseil dans le choix des équipements : la boutique toulousaine dispose d’un espace de dégustation et de démonstration de machines. La nouvelle brûlerie doit permettre de répondre à la demande croissante de ces différents débouchés, tout en intégrant le suivi environnemental au fonctionnement de l’atelier.