Lafarge Bétons et France Travail font de l’Occitanie un territoire pilote du recrutement sans CV

Lafarge Bétons et France Travail Occitanie ont conclu une convention de trois ans destinée à répondre aux difficultés de recrutement dans la construction. Le partenariat combine recrutement par simulation, immersion professionnelle et formation certifiante, avec l’objectif de conduire davantage de candidats vers un emploi durable.

Signée pour trois ans, leur convention cible notamment le métier de conducteur de centrale à bétons, pour lequel Lafarge réalise plus de 40 recrutements par an en France. (Photo Pixabay)

Signée pour trois ans, leur convention cible notamment le métier de conducteur de centrale à bétons, pour lequel Lafarge réalise plus de 40 recrutements par an en France. (Photo Pixabay)

Confronté à des besoins de recrutement persistants, le secteur de la construction cherche à élargir ses viviers de candidats. Lafarge Bétons et France Travail Occitanie ont ainsi signé, le 26 juin 2026 à Toulouse, une convention régionale d’une durée de trois ans. L’accord a été paraphé par Frédéric Bilbao, directeur des ressources humaines de Lafarge Bétons, et Christophe Carol, directeur régional adjoint de France Travail Occitanie.

Le dispositif cible notamment le métier de conducteur de centrale à bétons, pour lequel Lafarge indique réaliser plus de 40 recrutements chaque année en France. Le conducteur supervise la production du béton, veille au respect des formulations et des normes, organise les livraisons et assure le bon fonctionnement de la centrale.

L’objectif du partenariat est de construire un processus de recrutement adapté à ces besoins, en associant les dispositifs de France Travail aux moyens de formation déployés par Lafarge Bétons. L’entreprise s’appuiera notamment sur son école mobile des centralistes, avec la perspective de proposer aux candidats une certification professionnelle susceptible de déboucher sur un contrat à durée indéterminée.

Les aptitudes évaluées avant le diplôme

Au cœur de cette coopération figure la Méthode de recrutement par simulation (MRS), développée par France Travail. Ce dispositif permet de recruter sans s’appuyer initialement sur un CV, un diplôme ou un parcours scolaire. Les candidats sont évalués à travers des exercices reproduisant des situations professionnelles concrètes.

Pour le métier de conducteur de centrale à bétons, l’évaluation doit notamment mesurer la capacité à respecter des normes, travailler sous tension, organiser son activité et mobiliser des compétences transférables. Le potentiel, les aptitudes et le savoir-être prennent ainsi une place centrale dans le processus de sélection.

Présentée par les partenaires comme fondée sur des critères mesurables et identiques pour chaque participant, la méthode doit favoriser un recrutement plus ouvert. Elle s’adresse à l’ensemble des demandeurs d’emploi, y compris à ceux dont le parcours ne correspond pas aux critères habituellement recherchés dans la construction. Lafarge Bétons espère ainsi diversifier les profils recrutés tout en réduisant les difficultés liées au manque de candidatures adaptées et à la rotation des effectifs.

L’Occitanie retenue comme région pilote

La convention doit être déployée en priorité en Occitanie, où plusieurs actions ont déjà été expérimentées dans l’Hérault, le Gard, les Pyrénées-Orientales, le Lot-et-Garonne, le Tarn et la Haute-Garonne. Elle doit renforcer la coordination entre les 76 agences de proximité de France Travail Occitanie et les 63 sites régionaux de Lafarge Bétons.

Cette coopération prolonge également la participation de l’entreprise aux opérations organisées par France Travail, parmi lesquelles « Mes événements emploi », les rencontres professionnelles sans CV et les opérations « Du stade vers l’emploi ». Ces dernières utilisent des activités sportives pour mettre en relation recruteurs et candidats sans révéler immédiatement leurs fonctions ou leurs parcours.

« Cette convention marque une étape majeure dans notre volonté de recruter autrement. En nous appuyant sur l’expertise de France Travail Occitanie, nous soutenons l’emploi local dans la région et nous ouvrons nos portes aux talents diversifiés qui nous sont nécessaires pour accélérer la transformation du secteur de la construction », déclare Xavier Legrand, directeur général de Lafarge Bétons.

De l’immersion professionnelle à la certification

Le parcours imaginé par les deux partenaires commence par une immersion professionnelle de quelques jours. Cette première étape doit permettre aux candidats de découvrir le métier de conducteur de centrale à bétons, son environnement de travail et les responsabilités associées au poste. Elle offre également à l’entreprise et au demandeur d’emploi la possibilité de vérifier l’adéquation entre les aptitudes observées et les réalités du métier.

Les candidats retenus pourront ensuite intégrer une préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI). Organisé sur 35 jours, ce parcours représente 245 heures de formation et associe tutorat en entreprise et enseignements obligatoires dispensés à l’extérieur. Cette phase doit permettre aux participants d’acquérir les premières compétences nécessaires avant leur prise de poste.

À l’issue de cette préparation, les candidats validés pourront se voir proposer un parcours conduisant à l’obtention d’un certificat de qualification professionnelle (CQP). Cette certification, mise en œuvre en concertation avec l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem), pourra s’étendre sur une période de six à douze mois. Le dispositif doit accompagner progressivement les futurs conducteurs de centrale jusqu’à leur autonomie et favoriser leur maintien durable dans l’emploi.

Deux réseaux mobilisés à l’échelle régionale

France Travail Occitanie indique avoir facilité près de 405 000 retours à l’emploi en douze mois. L’opérateur régional dispose de 76 agences de proximité, de 5 700 collaborateurs et de près de 600 conseillers consacrés à la relation avec les entreprises. Ses équipes assurent l’accueil et l’accompagnement des demandeurs d’emploi, prospectent les employeurs et mettent en relation les candidats avec les entreprises qui recrutent, en coopération avec les acteurs de l’insertion et de la formation réunis au sein du Réseau pour l’emploi.

Lafarge France emploie pour sa part 4 200 collaborateurs sur plus de 400 sites. Son outil industriel comprend 20 sites consacrés au ciment, dont sept cimenteries, une usine de chaux, six usines de broyage et six dépôts, ainsi que 260 centrales à béton et 120 sites de production de granulats, entre carrières, ports et dépôts.

L’entreprise dispose également, à L’Isle-d’Abeau, en Isère, d’un centre de recherche et développement consacré aux matériaux de construction. Ses gammes ECOPlanet, ECOPact et ECOCycle s’inscrivent dans sa stratégie de développement de solutions bas carbone et circulaires, parallèlement à ses engagements en matière de décarbonation, de certifications ISO, de responsabilité sociétale et de biodiversité.

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