Fonderie de bronze Lauragaise, les gestes techniques au service l’art !

François Vandenberghe, artiste et Nicolas Parc, le dirigeant de la Fonderie de Bronze du Lauragais
La coulée du bronze
Pose d'une statue en bronze au Pic-du-Midi de Bigorre à 2877 mètres en septembre 2018

L’une des récentes productions de la Fonderie de bronze du Lauraguais (FBL) est installée dans la cour de l’Envol des Pionniers, le musée dédié à l’Aéropostale ouvert en décembre 2018  sur Toulouse Montaudran. Pour voir la seconde,  prenez le téléphérique ou vos skis de randonnée et rendez-vous à 2870 mètres au Pic-du-Midi de Bigorre où depuis septembre dernier, la statue en bronze d’une jeune femme a rejoint les cimes. La dernière est la sculpture en bronze du pape Jean Paul II créé par l’artiste toulousaine Madeleine Tézénas. Située à Blan près de Castres dans le Tarn, la FBL fait partie des derniers ateliers de fonderie d’art en France encore en activité.

Ici le savoir-faire d’un métier vieux de 3000 ans se met au service de l’indicible miracle de l’art. Nicolas Parc, le dirigeant est intarissable sur une passion qui n’était pas cochée sur son plan de carrière. Ingénieur des Mines de Paris en énergie et fluide, après une quinzaine d’années passées chez Air Liquide jusqu’à la direction d’un site, l’envie d’entreprendre  le pousse vers la reprise de la FBL en 2014.  Créée en 1975, la fonderie avait d’abord travaillé pour l’ornementation dans la filière meuble de Revel. Elle est aujourd’hui recentrée sur la réalisation d’œuvres originales de sculpteurs contemporains, la reproduction de modèles anciens, à la fois pour le grand public, les collectionneurs, les musés, le trophée pour le vainqueur du grand prix d’Amérique….La plupart de la clientèle est régionale. Le marché français représente à peine une vingtaine de millions d’euros. L’âge d’or de la fonderie d’art en bronze remonte au 19 siècle.  La FBL génère un chiffre d’affaires d’environ 500 k€ par an, employant huit personnes. « Tout le monde est très impliqué dans la production y compris notre assistante de direction, Clarisse Fabre » mentionne Nicolas Parc, le dirigeant. Cette jeune fille titulaire d’un Bac+3 intervient à la fois sur les tableaux de comptabilité Excel et enfile un vêtement de protection pour finaliser les bronzes. Nicolas Parc  a développé la polyvalence.

La FBL exploite le procédé de la fonderie à la cire perdue, identique à celui utilisé dans le monde de l’industrie comme l’aéronautique. Mais les clients, les artistes ont d’autres demandes que la conformité aux cahiers des charges ! «Nous avons un métier essentiellement humain, il faut traduire en geste technique l’intention de l’artiste, un regard, une expression sur la sculpture. La ciselure et la patine sont des moments privilégiés d’écoute avec l’équipe de la fonderie aux cours desquels les artistes  finalisent leurs pièces pour atteindre le niveau de qualité exigé » relate N. Parc.